Le Premier Ministre Leterme intervient pour les Cuban Five Katrien Demuynck
Le 1er septembre, Wilileaks a publié un courriel confidentiel de Gutman, l’ambassadeur des Etats-Unis à Bruxelles, relevant que déjà en octobre 2009 le premier ministre belge Yves Leterme est intervenu auprès des autorités des EU concernant les Cuban Five.
Il agissait alors ainsi en réponse à la demande issue du comité Free-the-Five belge.
En Belgique, il existe un large soutien – qui, par ailleurs, se dévelope toujours - de mouvements sociaux et de personnalités du monde politique, syndical et culturel pour la cause des Cuban Five. La résolution récemment adoptée par la commission des affaires étrangères du Sénat, l’appui sociétal à l’action de protestation du 12 septembre devant l’ambassade des EU, ainsi que l’action prévue par des Flamands connus à l’occasion de Che Presente@Manifiesta à Bredene sur Mer du 24 septembre en témoignent.
Gerardo Hernández: L'immense solidarité nous donne la force de résister Katrien Demuynck
Sept ans après notre première visite, nous récidivons: réclamer auprès de la prison de Victorville (Californie) les documents nécessaires, les retourner à plusieurs reprises jusqu’à l’obtention d’une réponse, acheter un billet d’avion sans la certitude de pouvoir réaliser le but du voyage: rendre visite à Gerardo Hernández, un des Cinq Cubains.
Déjà sur le continent, nous recevions, au bout de deux jours, la confirmation de l’autorisation de la visite souhaitée. La route de Los Angeles à Victorville nous amène de la côte idyllique de la Californie-Sud au désert Mojave.Le complexe constitué de plusieurs prisons est situé près du village d’Adelanto.
Le bloc est complètement ceinturé. En franchissant l’allée, nous passons d’abord devant deux autres installations pénitentiaires et… un espace où l’on répare des véhicules militaires. Au fond à droite se trouve la prison fédérale de haute sécurité, munie de six miradors, de clôtures d’une hauteur de plusieurs mètres hérissées de plusieurs rouleaux de barbelés.
Pour y être admis, nous ne pouvons détenir qu’un sachet transparent contenant quelques pièces de 25 cents et nos cartes d’identité. Remplir des formulaires et attendre… On nous fouille pour déceler d’éventuelles traces de drogues et de métal, on enlève nos chaussures, on vide nos poches puis nous traversons plusieurs passages et contrôles avant d’arriver dans la salle d’attente uniquement meublée de trois chaises en plastique beaucoup trop basses, séparées par une longue petite table. Là, il faut attendre notre prisonnier. On nous conseille d’ utiliser rapidement nos pièces de 25 cents pour acheter des chips, une boisson non-alcolisée et une gaufre qui remplaceront le déjeuner que le prisonnier va rater à cause de notre visite car, à trop attendre, nous risquons de ne plus pouvoir nous approvisionner.
Notre attente est de courte durée: un Gerardo radieux entre! Il doit d’abord se présenter et seulement ensuite s’asseoir près de nous, en maintenant une certaine distance. S’embrasser, se toucher, ne sont possible qu’à l’arrivée, au départ et pour une photo… Face à nous, un homme innocent emprisonné depuis 13 ans dans un pays qui, proportionnellement, possède le plus grand nombre de prisonniers au monde. 13 ans également sans la visite de son épouse Adriana qui se voit refuser son visa d’entrée à chaque demande. Malgré tout, Gerardo n’est pas un homme brisé, abattu, désespéré. Au contraire, son énergie est contagieuse. Il nous pose un tas de questions sur tout, nous parle du régime carcéral, de l’état d’avancement du procès et surtout de l’importance de la solidarité internationale qui nourrit sa force. Le mur du silence doit être brisé. Chaque mois, davantage de gens doivent contacter la Maison Blanche pour réclamer la liberté des Cinq. Seule l’opinion publique peut faire évoluer cette affaire. D’un point de vue juridique, la solution est simple puisqu’il n’existe aucune preuve de culpabilité pour les différentes accusations, ce que le ministère public a été obligé de reconnaître. Jusqu’à present, l’affaire reste complètement bloquée. Seules la pression politique et l’action internationale peuvent accélérer la résolution du problème. Gerardo y croit très fortement.
La visite fut impressionnante. D’abord, à cause de la vitalité et de l’optimisme de Gerardo au sein des murs de cette géôle fortifiée du 21ème siècle, ensuite par le fait que parmi les 21 prisonniers qui recevaient de la visite il n’y avait qu’un seul blanc, aussi par l’âge extrêmement bas de certains délinquants, des jeunes qui, depuis leur naissance, n’ont connu que misère et violence, aussi par le nombre d’enfants parmi les visiteurs se jetant au cou de leur papa sans avoir conscience qu’il ne retournera sans doute plus jamais à la maison, aussi par le malheur et l’absence de perspective reflétés dans les yeux de leurs mères, aussi par l’extrême exploitation organisée de ces forces de travail: un prisonnier gagne environ un demi dollar de l’ heure et cent dollars au maximum par mois, en réparant des véhicules militaires…
Nos noms sont repris sur la liste des visiteurs de Gerardo. Nous pourrons donc renouveler la visite, si tout va bien. Etant donné que nous avions prévu 14 jours à Victorville – au cas où nous aurions dû attendre plus longtemps l’autorisation – nous convenons de lui rendre visite dans les jours prochains. Gerardo envoie un salut chaleureux à tous ceux qui contribuent en Belgique afin d'obtenir justice pour les Cinq cubains.
Traduction: Erwin Carpentier & Laura Ragugini
Septembre 2010
Ce 12 septembre, le comité belge pour la libération des Cinq Cubains a organisé à nouveau une grande action dans l'ombre du Palais de Justice à Bruxelles. Reportage vidéo.
Quelques cent cinquante personnes sont venues à la place Poelaert à Bruxelles le 12 septembre, pour montrer leur solidarité avec les Cinq anti-terroristes cubains, en écoutant les performances magnifiques d’Axl Peleman, Marka, Eric Baranyanka, Lize Accoe, Ludo Vandeau et Lady Linn.